Le Shōji, la porte coulissante japonaise

Le Shōji, la porte coulissante japonaise

Si vous êtes un amoureux de la culture japonaise, vous avez sûrement flashé sur le Shōji, cette porte coulissante en bois et papier translucide qui fait partie intégrante de l’esthétique minimaliste et épurée du Japon. Mais saviez-vous que le Shōji est également un élément architectural fascinant, chargé d’histoire et de signification artistique ?

Dans cet article, je vous emmène à la découverte de cet élément emblématique de la culture japonaise et vous en révèle un peu plus sur son histoire, sa fabrication et ses différentes utilisations.

Qu’est-ce qu’un Shōji ?

porte japonaise shoji avec vue sur l'extérieur

Le Shōji est un élément de design architectural typique de la culture japonaise. C’est une paroi coulissante en bois, généralement recouverte de papier translucide (appelé aussi « papier washi »), qui sert à séparer les différentes pièces d’une maison ou d’un bâtiment. Le Shōji est traditionnellement utilisé pour créer une division visuelle tout en laissant passer la lumière naturelle.

Outre son utilité pratique, le Shōji est également apprécié pour son esthétique minimaliste et épurée. Décliné en portes coulissantes, en paravents ou en panneaux, il est utilisé dans les maisons traditionnelles japonaises pour créer une sensation de fluidité et de continuité dans l’espace.

Il devient aujourd’hui une option de décoration tendance et zen pour donner une touche asiatique à vos intérieurs.

Quelle est l’origine des panneaux Shōji ?

Les premiers murs de papier japonais remontent à plus de 1000 ans. Ils sont une évolution des paravents chinois, importés au Japon entre le VIIe et le VIIIe siècle. Si l’ancienneté des paravents est inconnue, il existe des œuvres d’art représentant des paravents chinois datant de -200 avant Jésus-Christ.

Lourds et encombrants, les paravents de Chine étaient uniquement utilisés comme cloisons entre les pièces. Les Japonais s’en sont inspirés pour créer une version plus légère et versatile. Les Japonais ont commencé à les utiliser comme décor pour les cérémonies du thé, comme arrière-plan pour les représentations théâtrales ou encore comme enceinte pour les rites bouddhistes.

Le shoji s’est popularisé au cours de la période Kamakura (1123-1333) avec l’introduction du style shonin-zukuri. Avec ses sols en tatami et ses écrans coulissants, ce style architectural reste aujourd’hui emblématique de la maison japonaise traditionnelle.

Quels sont les différents types de Shōji ?

Porte shoji dans une maison traditionnelle japonaise

Les différents Shoji selon l’usage

Il existe plusieurs types de Shōji, chacun avec ses propres caractéristiques uniques et son esthétique particulière. Voici quelques exemples de différents types de Shōji :

  • Le byobu est un paravent portable qui se traduit littéralement par « protection contre le vent » en japonais. Leurs murs de papier sont souvent ornés de magnfiques imprimés.
  • Le tsuitate est un paravent d’entrée à un panneau unique.
  • Le fusuma est une porte coulissante japonaise qui était à l’origine considérée comme un type de Shōji, bien qu’elle soit plus épaisse et opaque.
  • Le tobusuma est un écran coulissant en bois.

Quels que soient vos goûts et votre style de décoration, il y a un type de Shōji qui conviendra parfaitement à votre maison. Alors, quel sera le vôtre ?

Les différents Shoji selon le style

Il existe de nombreuses variations du Shōji, qui se distinguent par la façon dont les lattes de bois sont agencées, les motifs du treillis et la construction du Shōji en lui-même.

  • Le Shōji Tateshige est caractérisé par des colonnes de 4 à 10 lignes et des treillis formant des rectangles verticaux. On le trouve principalement dans l’ouest du Japon.
  • Le Shōji Yokoshige est similaire au Tateshige, mais avec des carreaux disposés horizontalement. Il est plus courant dans l’est de l’archipel japonais.
  • Le Shōji Nekoma est une porte coulissante avec une partie amovible qui peut être glissée de bas en haut pour créer une ouverture.
  • Le Shōji Fukiyose ressemble au Shōji Nekoma, mais avec des croisillons serrés sur la ligne du milieu et des carreaux plus larges.
  • Le Shōji Mabarasan est un modèle standard avec de grandes ouvertures carrées.
  • Le Shōji Kake est une version suspendue du Shōji qui peut être utilisée pour masquer une ouverture ou une fenêtre.
  • Le Shōji Yukimi est une porte coulissante avec du verre au lieu du papier japonais traditionnel. Le nom signifie « Shōji à vue sur la neige » en japonais. Selon les modèles, il peut y avoir un mélange de verre et de papier washi. Ce style de Shōji permet de voir à l’extérieur tout en créant un cadre avec les parties en papier

Comment est fabriqué un panneau Shōji ?

Les procédés et les matériaux utilisés pour fabriquer les Shōji ont évolué et se sont simplifiés au fil du temps. De nos jours, ils peuvent être aussi fabriqués minutieusement à la main par des artisans spécialisés ou produits industriellement en masse.

La fabrication traditionnelle du Shōji est un véritable art, avec un processus extrêmement minutieux qui nécessite une grande précision et de nombreuses années de pratique afin de le maîtriser. En effet, les artisans japonais appelés « tateguya » passent des années à perfectionner leur technique de fabrication de Shōji, qui est considéré comme une véritable œuvre d’art.

Mur en papier d'un shoji japonais

Les matériaux utilisés pour les shoji varient beaucoup, mais traditionnellement, ils sont fabriqués à partir de bois de résineux de haute qualité, comme le cyprès Hinoki. Les résineux à croissance dense permettent aux shojis d’être légers tout en restant solides. Traditionnellement, les shojis sont coupés à l’aide d’un rabot à main. Les bois résineux de haute qualité offrent une surface parfaitement lisse et polie lorsqu’ils sont coupés au rabot, sans nécessiter l’application d’huile, ni vernis de protection ou de finition.

Ce type de bois a d’autres avantages : il repousse l’eau, résiste à la saleté et se nettoie facilement. Les shoji peuvent être fabriqué avec d’autres essences : le cèdre rouge de l’ouest, le cèdre jaune d’Alaska, le cèdre de Port Orford ou encore le sapin de Douglas. Dans tous les cas, l’artisan doit s’assurer qu’il utilise un bois de très grande qualité pour garantir la qualité et la durabilité du shoji qu’il fabrique.

Comment entretenir un Shōji ?

Prendre soin de son shōji au quotidien

Le Shōji est connu pour être relativement fragile et nécessiter d’être utilisé avec soin pour préserver sa durée de vie. Comparé au papier à lettres, le papier washi est plus épais, mais il reste vulnérable et difficile à réparer.

Il est donc important de manipuler le Shōji avec précaution pour éviter de perforer le papier ou de briser la structure en treillis appelée « kumiko ». L’un des points les plus importants est de ne pas claquer la porte pour éviter de l’endommager.

La couverture en papier est tendue sur un cadre en bois ou en bambou. Il s’agit généralement d’une grille unie, mais elle peut parfois inclure des sculptures et des treillis très élaborés.

Le papier Shoji est plus épais que le papier à lettres, mais en tant que papier, il demeure fragile et difficile à réparer. Si vous y faites accidentellement plus qu’un petit trou, le papier devra être remplacé.

Si vous possédez un chat, restez vigilants car certains chats adorent jouer avec le shoji, en grimpant sur sa structure et en perçant le papier.

Comment nettoyer un shōji ?

Voici quelques conseils pour entretenir votre Shōji :

  1. Nettoyez le papier à l’aide d’un chiffon doux et humide. Évitez d’utiliser des produits de nettoyage agressifs qui pourraient l’endommager.
  2. Vérifiez régulièrement les charnières et les roulettes pour s’assurer qu’elles fonctionnent correctement et qu’elles ne sont pas grippées. Si nécessaire, huilez-les légèrement pour les maintenir en bon état.
  3. Si le papier est endommagé, remplacez-le immédiatement. Vous pouvez acheter du papier de remplacement dans un magasin de bricolage ou en ligne.

En suivant ces quelques conseils simples, votre Shōji devrait rester en bon état pendant de nombreuses années à venir. Et n’oubliez pas, l’entretien régulier de votre Shōji est une excellente façon de célébrer et de préserver la culture japonaise dans votre propre maison !

Kushi

Kushi

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